À l’heure de la crise, la motivation et l’engagement des salariés jouent un rôle essentiel pour traverser la tempête et maintenir chiffre d’affaires et moral des troupes. Les DRH ont-ils mis en œuvre des mesures pour développer ces aspects cruciaux ? Pour savoir ce qu’en pensent les salariés, L’Expansion.com a réalisé, entre le 19 et le 26 juin 2009, une étude en ligne auprès de 167 cadres et dirigeants (1).
À la question : « La crise actuelle a-t-elle un impact sur la motivation des salariés ? », la réponse fuse : « oui » à 83 %. Seuls 16 % estiment : « non, pas vraiment ». Fort de ce constat, on pourrait imaginer que les employeurs ferraillent pour doper moral, motivation et engagement des salariés. Pourtant, leurs actions laissent à désirer : les répondants attribuent une note de 2,3 sur 5 aux outils mis en place par leur entreprise pour favoriser engagement et motivation. Cette note très mitigée s’explique par les réponses à la question suivante : « Quelles actions sont développées par votre entreprise pour améliorer l’engagement des salariés ? » (2). La moitié des répondants estiment que « rien n’est fait » ou « ne sait pas ». 34 % mentionnent un plan d’accompagnement et de formation, 25 % des rencontres entre collaborateurs et 11 % une refonte du système de rémunération.
Alors que le sens de l’engagement est une donnée cruciale pour contribuer à sortir de la crise, 60 % des salariés interviewés estiment qu’elle n’est pas mesurée en tant que telle par leur entreprise ou alors n’en ont pas entendu parler. Seulement 26 % des salariés mentionnent l’existence d’un baromètre interne, et 17 % l’évaluation du turnover.
Les salariés apparaissent partagés sur le fait que le DRH joue ou non un rôle important dans la motivation des salariés. Ils sont ainsi 49 % à répondre « beaucoup » et « assez », et 51 % à opter pour « peu » et « pas du tout ». Pourtant, le DRH semble attendu et légitime sur ces thématiques. Pour 45 % des salariés interrogés, « par temps de crise, la DRH peut avant tout maintenir la motivation et l’engagement » ; pour 30 % d’entre eux, « le DRH peut avant tout assister les managers ». Seuls 22 % estiment qu’il ne « peut pas agir spécifiquement ».
En revanche, les cadres savent parfaitement identifier les outils efficaces de motivation et d’engagement. Voici leurs réponses : « une bonne relation managériale » et « l’ambiance » sont jugées importantes à plus de 87 %. Arrive ensuite la « reconnaissance » avec un peu plus de 84 %, puis seulement la « rémunération » (presque 84 %). Suit la « construction d’un véritable parcours de carrière au sein de l’entreprise » (78 %), puis la « formation » avec 68 %. Pour seulement 40 % des répondants, les « outils informatiques à disposition » sont importants. Quant aux « avantages en nature », seulement 28 % jugent qu’ils sont facteurs de motivation. Questionnés sur les outils indispensables pour fidéliser les salariés, les répondants apportent, assez logiquement, des réponses similaires en proportion à la question précédente.
Isabelle Hennebelle
(1) Panel Online, base de 167 répondants, dont 70 % de cadres et dirigeants.
(2) Plusieurs réponses possibles à cette question.