« Valoriser l'Homme, c'est
valoriser l'entreprise »
*heureux de vous connaître

Avec 63 000 agents, dont 52 % dans les services déconcentrés à l’échelon départemental et 45 % au niveau régional ou interrégional, le MEDDTL est particulièrement concerné par la réforme de l’administration territoriale de l’État, engagée dans le cadre de la RGPP (révision générale des politiques publiques). L’accompagnement des réorganisations en cours constitue un véritable enjeu RH.
Est-il plus difficile, dans la fonction publique, de responsabiliser les salariés sur la question de leur employabilité ?
La manière d’envisager son parcours professionnel est naturellement différente selon que l’on entre dans la fonction publique ou dans le privé, même si cette réalité est à nuancer selon le niveau du poste que l’on occupe. Plus on monte dans la hiérarchie, plus on trouve de personnes disposées à envisager une mobilité, qu’elle soit interministérielle ou même vers le privé.
À cet égard, dans la réorganisation de grande ampleur que connaît actuellement l’État (la RGPP), un des trois engagements, avec l’amélioration de la qualité du service rendu aux usagers et la réduction des dépenses publiques, est de moderniser la fonction publique et valoriser les initiatives des agents.
L’État – 1er employeur de France – souhaite responsabiliser les cadres, mieux recruter, mieux former, mieux rémunérer, mieux gérer et valoriser l’innovation. Il a déployé en très peu de temps de nombreux outils permettant aux fonctionnaires d’évoluer plus facilement entre les diverses fonctions publiques. La fusion des corps, par exemple, fait partie des outils permettant de décloisonner les parcours professionnels en regroupant plusieurs corps et cadres d’emplois : elle vise à élargir l’employabilité des agents.
Si l’on regarde 5 ou 10 ans en arrière, on constate une vraie prise de conscience que les parcours professionnels ne sont plus linéaires : les services se réorganisent, des postes sont supprimés, et chacun sait qu’il peut être concerné un jour ou l’autre. C’est très présent dans les esprits – trop, parfois, avec un risque de perte des repères. Nous devons donc être vigilants, faire en sorte de donner du sens et accompagner le volet RH de ces réformes.
Comment promouvoir la mobilité des agents de votre ministère, et de quels outils disposez-vous ?
Au MEDDTL, jeune entité issue de la fusion de trois ministères (Équipement, Environnement et une partie de l’Industrie), il est question de redéployer environ 10 000 agents sur 60 000, qui sont répartis, rappelons-le, dans la France entière, afin de recentrer nos actions et répondre aux objectifs prioritaires des programmes de politiques publiques du ministère.
La fonction publique a mis en place de nombreux outils, dont une loi (celle du 3 août 2009) qui vise notamment à favoriser les mobilités entre les trois fonctions publiques (État, Hospitalière, Territoriale). Cette loi a été suivie d’une charte de mobilité, puis par la mise en place d’une bourse interministérielle des emplois publics, qui complète la bourse ministérielle.
Nous disposons d’un réseau de conseillers mobilité-carrière, pour accompagner les agents et conseiller les services. Des formations aux prises de postes sont proposées, celles-ci pouvant durer presque un an sur des fonctions très techniques. Nous incitons aussi fortement les agents promus à changer de fonction.
Tous les agents que nous gérons ont la possibilité, au cours de l’entretien professionnel dont ils bénéficient chaque année, d’annoncer à leur supérieur hiérarchique (manager de proximité) leur souhait de mobilité, ainsi que de formation. La capitalisation de ces vœux doit permettre la mise en place d’une GPEEC performante.
D’une manière générale, nous élaborons actuellement un plan de GPRH national à horizon 2013, qui va se décliner dans chacune des régions, pour notamment identifier des « passerelles de mobilités ».
C’est-à-dire ?
Selon nos projections, les réformes impacteront les métiers de 10 000 agents, tandis que 15 à 17 000 postes seront libérés (départs en retraite, nouveaux métiers, postes reconfigurés). Il s’agit donc de créer des passerelles pour réduire les écarts, en travaillant sur des aires de mobilité géographique et fonctionnelle. Nous allons rencontrer chaque niveau régional pour confronter nos projections et prendre en compte les contraintes du terrain, afin de mettre en place des plans d’actions qui se traduiront notamment par des formations et de l’accompagnement individuel.
L’idée est bien de considérer que les agents actuellement en poste au ministère, constituent la « ressource » face aux postes prioritaires à pourvoir dans les services, sur les enjeux et les métiers nouveaux comme ceux du Grenelle, mais aussi sur les métiers plus traditionnels comme les métiers de la route. Le ministère est un ministère ouvert, mais les contraintes sur les recrutements, comme dans tous les ministères, sont fortes : donc cela nous oblige, et c’est une bonne chose, à proposer des parcours de carrière valorisants aux agents actuellement en poste, et qui ont la possibilité de bouger ; nous allons mieux les orienter et mieux les accompagner. C’est en tout cas notre ambition, et le secrétaire général du ministère, Jean-François Monteils, y insiste souvent : la dimension RH du pilotage du ministère dans les mois qui viennent est essentielle.
